# PER Boursorama avis : ce plan épargne retraite vaut-il le détour ?
Le marché de l’épargne retraite connaît une transformation profonde depuis l’introduction du Plan d’Épargne Retraite par la loi PACTE en 2019. Dans ce paysage concurrentiel, Boursorama Banque, acteur incontournable de la banque en ligne avec plus de 3 millions de clients, a lancé son offre baptisée MATLA. Ce produit d’épargne retraite promet des frais parmi les plus compétitifs du marché, avec une structure tarifaire inférieure à 1% tout compris. L’approche de Boursorama se distingue par une gestion exclusivement indicielle, reposant sur des ETF labellisés ISR, et un ticket d’entrée accessible dès 150 euros. Mais cette apparente simplicité cache-t-elle des limites pour les épargnants exigeants ? Face à une offre pléthorique de PER proposés par les assureurs traditionnels, les courtiers spécialisés et les robo-advisors, il devient crucial d’analyser précisément les caractéristiques de ce contrat pour déterminer s’il répond véritablement aux besoins de préparation de votre retraite.
Caractéristiques techniques du PER boursorama : frais, supports d’investissement et modes de gestion
Le PER MATLA se positionne comme un contrat d’assurance individuel assuré par Oradéa Vie, filiale de Société Générale Assurances. Cette architecture assurantielle permet d’accéder à la fois au fonds euros et aux unités de compte, contrairement aux PER bancaires de type compte-titres. Le contrat s’adresse aux résidents fiscaux français âgés de 18 à 85 ans, avec une particularité notable : il est exclusivement réservé aux clients détenant un compte bancaire chez Boursorama Banque. Cette condition peut représenter un frein pour certains épargnants, mais constitue également une opportunité pour ceux qui souhaitent centraliser leurs services financiers.
L’accessibilité financière du produit constitue un atout indéniable. Le versement initial minimum s’établit à 150 euros, un montant particulièrement compétitif comparé aux standards du marché où les tickets d’entrée oscillent généralement entre 500 et 1 000 euros. Pour les versements programmés, le seuil descend même à 50 euros mensuels, permettant une approche progressive de la constitution d’un capital retraite. Cette flexibilité s’avère particulièrement pertinente pour les jeunes actifs qui souhaitent démarrer leur épargne retraite sans mobiliser immédiatement des sommes importantes.
Grille tarifaire détaillée : frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage du PER boursorama
La structure de frais du PER MATLA représente l’un de ses arguments commerciaux les plus puissants. L’absence totale de frais sur versement tranche radicalement avec les pratiques de nombreux assureurs traditionnels qui appliquent encore des frais d’entrée pouvant atteindre 3 à 5% du montant investi. Cette gratuité s’étend également aux frais d’arbitrage, permettant aux épargnants de réorienter leur allocation sans pénalité financière, et aux frais de sortie, que celle-ci s’effectue en capital ou en rente viagère.
Les frais de gestion annuels s’établissent à 0,50% maximum pour l’assureur Oradéa Vie. À cela s’ajoutent les frais d’allocation liés à la gestion pilotée à horizon retraite, compris entre 0,19% et 0,37% selon le profil et l
0,22% pour les ETF iShares sélectionnés, soit un coût total généralement compris entre 0,70% et 0,87% par an en gestion pilotée, selon le profil et la part d’unités de compte dans votre allocation.
En gestion libre, la structure est encore plus simple : Boursorama facture 0,50% de frais de gestion annuels sur les supports en unités de compte comme sur les fonds en euros, sans surcoût de mandat. Les frais spécifiques à chaque support (frais internes des OPCVM, SCI, etc.) viennent s’ajouter, mais ils sont clairement indiqués dans la documentation de chaque fonds. Enfin, les frais de transfert sortant vers un autre PER sont limités à 1% de l’encours si le transfert intervient avant 5 ans de détention, et totalement gratuits au-delà de cette durée, conformément au cadre légal.
Univers d’investissement : fonds euros, unités de compte et gamme SCPI disponibles
Le PER Boursorama MATLA repose sur une architecture multisupport relativement ouverte, même si elle reste plus restreinte que celle des meilleurs PER de courtiers spécialisés. En gestion libre, vous avez accès à deux fonds en euros gérés par Oradéa Vie (Sécurité Euro et Sécurité Infra Euro Retraite), plus de 60 unités de compte, dont une cinquantaine d’OPCVM actions et obligations, 6 trackers (ETF), 2 SCI immobilières et 2 SCPI. Cette combinaison permet de construire une allocation diversifiée mêlant supports sécurisés et actifs plus dynamiques.
Les fonds euros constituent le « socle défensif » du PER Boursorama. Ils ont délivré 3,50% en 2024 et 2025 (hors bonus), ce qui les positionne dans le haut de la fourchette des fonds en euros retraite. Un mécanisme de bonus de rendement (+1,50 point) est par ailleurs accordé si au moins 60% de l’épargne est investie en unités de compte, faisant potentiellement monter le rendement du fonds euros jusqu’à 5%. Côté unités de compte, l’offre se concentre principalement sur des fonds Amundi, BlackRock, Edmond de Rothschild, Sycomore et Oddo BHF, avec des thématiques variées (Europe, US, émergents, obligations, ISR…).
Sur le volet immobilier, la palette reste toutefois limitée. Le PER MATLA ne propose que quelques supports pierre-papier (deux SCI et deux SCPI). Cela permet de s’exposer à l’immobilier de rendement, mais sans la profondeur de gamme que l’on retrouve chez Linxea Spirit ou Mes-Placements Liberté, qui offrent plus d’une vingtaine de SCPI. Ce point peut être pénalisant si vous souhaitez bâtir une stratégie retraite très orientée immobilier via votre PER.
Gestion pilotée versus gestion libre : allocation d’actifs et profils de risque
Le PER Boursorama propose deux grands modes de gestion : la gestion pilotée à horizon retraite, qui est le mode par défaut, et la gestion libre, accessible depuis fin 2022. En gestion pilotée, vous déléguez entièrement la sélection des supports et les arbitrages à Oradéa Vie, conseillée par BlackRock Asset Management. L’épargne est investie principalement en ETF indiciels ISR iShares, avec une allocation adaptée à votre horizon de retraite et à votre profil de risque (prudent, équilibré ou dynamique).
Le profil prudent limite l’exposition aux actifs risqués : à plus de 10 ans de la retraite, la part d’ETF peut monter jusqu’à 70%, le reste étant investi en fonds euros et obligations. À mesure que la retraite approche, cette part en unités de compte diminue progressivement pour atteindre environ 10% d’actifs risqués à l’échéance. Le profil équilibré peut être investi jusqu’à 100% en ETF plus de 10 ans avant la retraite, pour descendre à 30% d’unités de compte à l’approche de l’échéance. Enfin, le profil dynamique mise sur une exposition actions maximale (jusqu’à 100% en ETF) lorsqu’on est loin de la retraite, tout en conservant encore 50% de supports risqués au moment de la liquidation.
La gestion libre, quant à elle, s’adresse aux épargnants plus autonomes qui souhaitent sélectionner eux-mêmes leurs OPCVM, supports immobiliers et fonds euros. Vous pouvez arbitrer sans frais entre plus de 70 supports, mais avec une contrainte importante : au minimum 60% de l’encours doit rester investi en unités de compte, ce qui limite la possibilité de sécuriser l’épargne à 100% sur le fonds euros. De plus, contrairement à la gestion pilotée, la gestion libre ne donne pas accès à toute la gamme d’ETF ISR iShares, ce qui peut surprendre si vous recherchez une exposition indicielle large en architecture ouverte.
Mécanisme de désensibilisation automatique à l’approche de la retraite
Comme la plupart des PER modernes, le PER MATLA intègre une gestion à horizon avec désensibilisation automatique du portefeuille à l’approche de la retraite. Concrètement, cela signifie que la part investie en actifs volatils (ETF actions, obligations à haut rendement) est progressivement réduite pour laisser une place croissante au fonds euros et aux obligations de qualité. Ce mécanisme se déclenche en fonction de l’âge de départ à la retraite renseigné lors de la souscription et se met à jour automatiquement sans intervention de votre part.
On peut comparer ce fonctionnement à un « pilote automatique » d’avion : tant que vous êtes loin de votre destination, la machine optimise la vitesse pour avancer vite (allocation dynamique en unités de compte). Plus vous approchez de l’atterrissage, plus elle réduit la vitesse et stabilise la trajectoire (réorientation vers le fonds euros) pour limiter les turbulences. Pour le profil prudent, la sécurisation commence tôt, avec une part de fonds euros qui dépasse 50% dès 5 ans avant la retraite. Pour le profil équilibré, la bascule devient plus marquée entre 5 et 2 ans de l’échéance. Le profil dynamique reste le plus exposé aux marchés jusqu’au bout, tout en intégrant une part croissante d’actifs sûrs dans les dernières années.
Vous conservez la possibilité de modifier votre profil de gestion à tout moment et sans frais, ce qui permet d’ajuster ce « pilotage automatique » si votre situation personnelle ou votre tolérance au risque évolue. Par exemple, un épargnant initialement dynamique peut basculer en profil prudent quelques années avant une retraite anticipée, afin d’accélérer la sécurisation de son capital. À l’inverse, quelqu’un qui prolonge son activité peut décider de rester plus longtemps sur un profil équilibré pour viser un rendement potentiel plus élevé.
Fiscalité du PER boursorama : optimisation de la déduction des versements volontaires
La fiscalité du PER Boursorama MATLA est identique à celle de tous les PER individuels, car elle est définie par la loi et ne dépend pas de l’assureur. L’un des principaux atouts de ce produit reste la possibilité de déduire les versements volontaires de votre revenu imposable, dans la limite de plafonds précis. Pour un contribuable fortement imposé, l’économie d’impôt peut être significative et transformer le PER en véritable « turbo fiscal » pour la préparation de la retraite.
En contrepartie, les sommes déduites à l’entrée seront imposées à la sortie, que vous choisissiez une sortie en capital, en rente viagère ou une combinaison des deux. L’enjeu consiste donc à arbitrer entre la déduction immédiate, votre taux marginal d’imposition actuel et présumé à la retraite, ainsi que la manière dont vous envisagez de récupérer votre épargne (rachat fractionné, rente, mixte…). Bien utilisé, le PER Boursorama permet d’optimiser finement votre charge fiscale sur plusieurs décennies.
Plafond de déductibilité fiscale : calcul selon l’article 163 quatervicies du CGI
Le calcul du plafond de déductibilité des versements volontaires sur le PER Boursorama repose sur l’article 163 quatervicies du Code général des impôts. Pour un salarié, le plafond annuel correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10% des revenus professionnels nets de l’année précédente, retenus dans la limite de 8 fois le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité sociale), ou 10% du PASS de l’année précédente. En 2025, avec un PASS fixé à 47 100€, le plafond global atteint ainsi jusqu’à 32 909€ pour les hauts revenus.
Pour les travailleurs non salariés (TNS), le mécanisme est encore plus favorable. Le plafond de déduction correspond à 10% du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15% du bénéfice compris entre 1 et 8 PASS, ou, si ce montant est plus élevé, 10% du PASS. En pratique, cela permet à un indépendant d’orienter jusqu’à plus de 76 000€ par an vers son PER avec une déduction intégrale, sous réserve de disposer du bénéfice suffisant. Cette capacité de déduction fait du PER un outil particulièrement puissant pour les professions libérales et les chefs d’entreprise individuels.
Il reste possible de renoncer volontairement à la déductibilité à l’entrée, par exemple si votre taux marginal d’imposition est faible (0% ou 11%). Dans ce cas, les versements ne réduisent pas immédiatement votre impôt, mais la sortie en capital bénéficiera d’une fiscalité allégée, le capital étant exonéré d’impôt sur le revenu (seules les plus-values restant taxées). Ce choix stratégique doit être anticipé, car il conditionne entièrement la fiscalité applicable au dénouement de votre PER Boursorama.
Mutualisation des plafonds au sein du foyer fiscal et report pluriannuel
Un autre levier d’optimisation souvent sous-estimé concerne la mutualisation des plafonds de déduction au sein du foyer fiscal. Si vous êtes marié ou pacsé, vous pouvez utiliser le plafond inutilisé de votre conjoint pour déduire des versements effectués sur votre propre PER Boursorama ou sur le sien. Cela permet de maximiser la déduction globale, notamment lorsque l’un des deux membres du couple a des revenus professionnels plus élevés et se situe dans une tranche marginale d’imposition supérieure.
Par ailleurs, les droits à déduction non utilisés ne sont pas perdus. Ils peuvent être reportés sur les trois années suivantes, comme cela apparaît sur votre avis d’imposition dans le récapitulatif « Plafonds d’épargne retraite ». Si vous n’avez pas alimenté de PER ou d’anciens dispositifs (PERP, Madelin, Préfon, etc.) les années précédentes, vous disposez parfois d’une « réserve fiscale » importante que vous pouvez mobiliser en une seule fois, par exemple en fin d’année pour réduire fortement votre impôt sur le revenu.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez combiner plafond de l’année en cours et plafonds reportés des trois années antérieures pour effectuer un versement important sur votre PER Boursorama, tout en bénéficiant d’une déduction globale élevée. Ce type d’opération est particulièrement pertinent pour optimiser une rentrée exceptionnelle (prime, plus-value, dividendes) ou préparer la cession prochaine d’une entreprise individuelle en diminuant le revenu imposable au taux marginal le plus élevé.
Comparaison PERP, madelin et PER : avantages de la loi PACTE
Le PER individuel Boursorama MATLA succède aux anciens dispositifs d’épargne retraite comme le PERP et le contrat Madelin, désormais fermés à la commercialisation. La loi PACTE a profondément simplifié le paysage en fusionnant ces produits au sein d’une enveloppe unique, plus souple et plus lisible. Par rapport à un contrat Madelin, par exemple, le PER Boursorama offre une plus grande flexibilité : vous n’êtes plus contraint par un montant de cotisation annuel minimal et, surtout, vous pouvez sortir en capital à la retraite, alors que le Madelin imposait une sortie quasi exclusivement en rente.
Par rapport au PERP, le nouveau PER individuel améliore également la portabilité et la lisibilité de la fiscalité. Il devient plus simple de transférer l’épargne retraite d’un établissement à un autre, ce qui met les assureurs en concurrence sur les frais et la qualité des supports. De plus, les règles de déduction des versements sont harmonisées pour tous les publics (salariés et TNS) au sein du même cadre fiscal, là où les anciens produits obéissaient à des logiques parfois différentes.
Enfin, la loi PACTE introduit une innovation majeure : la possibilité de débloquer son PER pour l’acquisition de la résidence principale, quel que soit le type de versements (volontaires ou épargne salariale). Cette souplesse supplémentaire rend le PER Boursorama plus attractif pour les jeunes actifs qui hésitaient à immobiliser leur épargne jusqu’à la retraite. En résumé, le PER MATLA combine les avantages fiscaux puissants des anciens dispositifs avec un niveau de flexibilité nettement supérieur.
Imposition des sorties en capital versus rente viagère : prélèvement forfaitaire unique et tranches marginales
Au moment de la retraite, vous pouvez choisir de sortir de votre PER Boursorama en capital, en rente viagère ou via une combinaison des deux. Si vous avez déduit vos versements à l’entrée, la part du capital correspondant à ces versements sera imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10%. Les plus-values générées seront quant à elles soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% (12,8% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux). D’où l’intérêt de fractionner la sortie en capital pour éviter de faire exploser votre revenu imposable sur une seule année.
En cas de sortie en rente viagère, la fiscalité dépend également du traitement choisi à l’entrée. Si les versements ont été déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite, selon le barème de l’IR après un abattement de 10%, et supporte les prélèvements sociaux applicables aux pensions. Si vous n’avez pas déduit vos versements, la partie de rente correspondant au capital versé bénéficie du régime des rentes viagères à titre onéreux, où seule une fraction de la rente (40%, 30%, 20% ou 10% selon l’âge de conversion) est soumise à l’impôt sur le revenu.
Le choix entre capital et rente dépend donc de votre situation personnelle, de votre espérance de vie, de votre patrimoine global et de votre taux marginal d’imposition à la retraite. Dans bien des cas, une stratégie mixte – combinant une sortie partielle en capital (éventuellement étalée sur plusieurs années) et une rente viagère complémentaire – permet d’optimiser l’équilibre entre sécurité de revenu et maîtrise de la fiscalité. Le PER Boursorama offre toute cette palette de possibilités, mais nécessite un accompagnement ou des simulations sérieuses pour être exploité au mieux.
Conditions de déblocage anticipé du PER boursorama avant l’âge légal de départ
Par nature, le PER Boursorama est conçu comme un placement de long terme, avec une épargne bloquée jusqu’au départ à la retraite. Toutefois, la loi prévoit plusieurs cas de déblocage anticipé, communs à tous les PER, qui permettent de récupérer tout ou partie de votre capital avant l’âge légal. Ces cas de rachat exceptionnel répondent soit à des projets de vie structurants (comme l’achat de la résidence principale), soit à des accidents de la vie lourds.
Il est important de bien connaître ces cas de sortie, car ils conditionnent la liquidité réelle de votre PER MATLA. Si vous anticipez un projet immobilier à moyen terme, ou si votre situation professionnelle est précaire, ces règles peuvent faire pencher la balance en faveur ou en défaveur d’un versement important sur votre PER. Nous passons en revue ces cas d’ouverture anticipée et leurs conséquences pratiques.
Cas de déblocage anticipé : acquisition résidence principale, accident de la vie et surendettement
Le premier cas de déblocage anticipé le plus couramment utilisé est l’acquisition de la résidence principale. Vous pouvez demander le rachat de votre PER Boursorama pour financer l’achat de votre premier logement, que ce soit pour l’apport, les frais de notaire ou le règlement comptant du bien. Cette possibilité ne s’applique qu’aux sommes issues de l’épargne volontaire et de l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement), mais pas aux éventuels versements obligatoires d’un PER d’entreprise obligatoire transféré sur votre PER individuel.
Les autres cas de sortie anticipée sont liés à des accidents de la vie, strictement listés par la loi : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité de 2e ou 3e catégorie (de l’adhérent, de son conjoint ou de ses enfants), surendettement constaté par la commission de surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire. Dans toutes ces situations, vous pouvez demander le déblocage total de votre PER Boursorama, sans condition d’utilisation des fonds.
Ces cas d’exception sont conçus comme un « filet de sécurité » plutôt que comme un outil de gestion courante. Autrement dit, il ne s’agit pas de « piocher » régulièrement dans votre PER, mais de disposer d’une soupape en cas de coup dur majeur ou de projet immobilier déterminant. C’est ce qui distingue le PER d’une assurance-vie, plus liquide mais fiscalement moins avantageuse sur les versements déductibles.
Procédure administrative et délais de traitement des demandes de rachat exceptionnel
Pour solliciter un déblocage anticipé sur votre PER Boursorama, vous devez adresser une demande formelle à l’assureur, généralement via votre espace client en ligne ou par courrier recommandé. Cette demande doit préciser le motif légal de sortie (achat de résidence principale, invalidité, surendettement, etc.) et être accompagnée de pièces justificatives : compromis de vente, attestation de la commission de surendettement, notification d’invalidité, jugement de liquidation, lettre de fin de droits Pôle Emploi, selon les cas.
Une fois le dossier complet reçu, Oradéa Vie dispose en principe d’un délai légal d’un mois pour procéder au rachat, mais les délais pratiques peuvent varier en fonction de la complexité du dossier et de la période de l’année. En cas de sortie pour achat de résidence principale, il est recommandé d’anticiper largement la demande, afin de ne pas se retrouver en difficulté au moment de signer l’acte authentique chez le notaire. N’hésitez pas à échanger avec le service client Boursorama pour valider le calendrier et les documents nécessaires.
Le rachat peut porter sur la totalité des droits ou sur une partie seulement, en fonction de vos besoins de financement et de votre stratégie patrimoniale. Toutefois, dans les cas d’accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement…), la plupart des épargnants optent pour un déblocage total, car la priorité est souvent de reconstituer une trésorerie immédiate. Dans tous les cas, le rachat anticipé met fin, pour les sommes concernées, au bénéfice des avantages fiscaux futurs associés au PER.
Traitement fiscal spécifique des rachats anticipés selon le motif invoqué
La fiscalité applicable à un rachat anticipé sur le PER Boursorama varie selon le motif de sortie. En cas d’achat de la résidence principale, la part de capital correspondant aux versements volontaires déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, comme lors d’une sortie en capital à la retraite. Les plus-values sont soumises au PFU de 30%. Si vous n’avez pas déduit vos versements à l’entrée, le capital est exonéré d’impôt sur le revenu, seules les plus-values restant soumises aux prélèvements sociaux de 17,2%.
En revanche, pour les cas de sortie liés aux accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d’activité non salariée), le régime fiscal est nettement plus clément. La part de capital correspondant aux versements volontaires est exonérée d’impôt sur le revenu, même si vous l’avez déduite à l’entrée. Seules les plus-values sont soumises au PFU ou, au choix, au barème progressif avec application des prélèvements sociaux. Ce traitement fiscal favorable vise à ne pas pénaliser l’épargnant au moment où il traverse une situation déjà difficile.
En pratique, cela signifie que le PER Boursorama, bien que bloqué en principe jusqu’à la retraite, reste un outil relativement flexible en cas d’aléas majeurs de la vie. Il ne doit pas être envisagé comme une épargne de précaution du quotidien, mais il offre un « plan B » fiscalement avantageux si vous êtes confronté à des événements graves. Là encore, une simulation précise avec un conseiller ou un outil en ligne peut vous aider à mesurer l’impact fiscal d’un rachat anticipé avant de prendre votre décision.
Performance historique des supports : analyse du fonds euros et des UC du PER boursorama
Au-delà des frais et de la fiscalité, la performance des supports d’investissement reste un critère clé pour juger de l’intérêt du PER Boursorama. Sur ce point, le contrat MATLA affiche des résultats solides sur son fonds euros et une gestion pilotée en ETF qui a bien profité des bons millésimes boursiers récents, tout en subissant logiquement les années de correction. Comme tout produit de marché, les performances passées ne préjugent pas des performances futures, mais elles donnent un premier aperçu du potentiel de l’offre.
Pour analyser sereinement ces performances, il convient de distinguer le comportement du fonds euros (support sécurisé à capital garanti) de celui des unités de compte (ETF, OPCVM, supports immobiliers). Nous allons également évoquer quelques indicateurs de risque utiles pour apprécier la qualité du couple rendement/volatilité proposé par le PER MATLA.
Rendement du fonds euros boursorama allocation long terme sur 3 et 5 ans
Le principal fonds euros accessible via le PER Boursorama, Sécurité Euro (et sa déclinaison Sécurité Infra Euro Retraite), a délivré des rendements nets de frais de gestion de 1,2% en 2020, 1,0% en 2021, 1,3% en 2022, puis 3,5% en 2023 et 3,5% en 2024, avec un bonus possible jusqu’à 5% pour les épargnants fortement investis en unités de compte. Sur trois ans glissants (2022-2024), on obtient ainsi un rendement moyen d’environ 2,6% hors bonus, et supérieur à 3% pour les allocataires éligibles au bonus.
Sur cinq ans, en intégrant les années plus faibles de 2020 et 2021, la performance annualisée reste tout à fait honorable au regard du contexte de taux bas puis de remontée brutale des taux. Comparé à la moyenne des fonds euros du marché, située autour de 2 à 2,5% en 2024, le fonds euros du PER Boursorama se classe parmi les meilleurs, même s’il reste devancé par quelques locomotives très offensives proposées par certains courtiers spécialisés.
Il ne faut toutefois pas perdre de vue que le fonds euros n’a pas vocation à constituer la majorité de votre allocation quand vous êtes loin de la retraite. Son rôle est surtout de sécuriser progressivement le capital au fur et à mesure que l’horizon se rapproche. Dans cette optique, la performance régulière et supérieure à la moyenne du fonds euros MATLA est un atout, mais elle ne doit pas être le seul critère de choix de votre PER.
Performance des OPCVM éligibles : carmignac patrimoine, echiquier positive impact et ETF vanguard
En gestion libre, le PER Boursorama donne accès à une cinquantaine d’OPCVM, dont certains fonds diversifiés ou thématiques reconnus sur le marché, même si la gamme est plus concentrée que chez les leaders de l’épargne en ligne. Vous pouvez par exemple retrouver des profils proches de fonds comme Carmignac Patrimoine (fonds diversifié flexible), Echiquier Positive Impact (orientation ISR) ou encore des ETF indiciels proches de la philosophie Vanguard, même si la gamme est essentiellement composée d’ETF iShares chez Boursorama.
Historiquement, ce type de fonds diversifiés et ISR a affiché des performances annualisées comprises entre 4 et 7% sur dix ans pour les meilleurs d’entre eux, mais avec des écarts importants selon les millésimes. En 2022, année de forte correction sur les actions et les obligations, beaucoup de fonds patrimoniaux ont accusé des baisses de 10 à 15%, alors qu’ils avaient enregistré des progressions de 10 à 20% en 2021. Le PER MATLA n’échappe pas à cette logique : la gestion pilotée a par exemple affiché -9,81% (prudent), -14,13% (équilibré) et -17,06% (dynamique) en 2022, après +15,15%, +21,37% et +28,34% en 2021.
Sur la période 2024-2025, les performances des mandats pilotés sont redevenues très positives, avec +10,66% à +15,88% en 2024 et +5,97% à +7,32% en 2025 selon les profils. Si l’on lisse ces résultats sur plusieurs années, on obtient une performance annualisée comprise autour de 8 à 11% pour les profils équilibré et dynamique, ce qui est cohérent avec une exposition majoritaire à des ETF actions mondiaux ISR. À condition d’accepter la volatilité, le PER Boursorama offre donc un moteur de performance compétitif sur le long terme.
Indicateurs de risque : volatilité, ratio de sharpe et drawdown maximum des supports
Évaluer un PER ne consiste pas seulement à regarder les rendements bruts, mais aussi le risque assumé pour les obtenir. Sur ce point, les ETF actions mondiaux et obligations d’entreprise ISR utilisés par Boursorama en gestion pilotée présentent une volatilité annuelle typique de 10 à 18% pour les profils les plus offensifs, avec des drawdowns (baisses maximales) pouvant dépasser -20% en année de crise. La chute de 2022 illustre bien ce type de situation, même si le rebond de 2023-2024 a permis de compenser une partie des pertes.
Le ratio de Sharpe (qui rapporte la performance excédentaire au risque pris) des portefeuilles indiciels bien construits se situe généralement autour de 0,5 à 0,8 sur le long terme, ce qui est correct pour un produit actions/obligations largement diversifié. L’avantage des ETF est de limiter les frais, ce qui améliore mécaniquement ce ratio par rapport à des fonds actifs plus chers qui obtiennent parfois des performances similaires. Le profil prudent du PER Boursorama, plus riche en obligations et fonds euros, affiche logiquement une volatilité plus faible, mais aussi un rendement attendu moindre.
Pour un épargnant, l’enjeu consiste à choisir un profil de gestion en adéquation avec sa tolérance au risque et son horizon de placement. Si une baisse de 15 à 20% de votre capital vous empêche de dormir, il sera plus prudent de rester sur un profil prudent ou équilibré, quitte à viser un rendement légèrement inférieur. À l’inverse, si vous avez plus de 20 ans devant vous avant la retraite et une bonne capacité à encaisser les fluctuations de marché, le profil dynamique vous donnera les meilleures chances de maximiser la performance de votre PER Boursorama sur le long terme.
Modalités de sortie à la retraite : rente viagère, capital ou combinaison mixte
Au moment de la retraite, le PER Boursorama MATLA offre une grande flexibilité dans le choix des modalités de sortie : en capital, en rente viagère ou via une combinaison des deux. Cette souplesse constitue l’un des principaux progrès par rapport aux anciens produits retraite, en particulier les contrats Madelin, qui imposaient quasi exclusivement la rente. Vous pouvez ainsi adapter la forme de vos revenus à vos besoins concrets, à votre patrimoine global et à votre situation fiscale au moment de la liquidation.
Il est même possible de différer la liquidation de votre PER au-delà de l’âge légal de départ en retraite, afin de laisser le capital fructifier plus longtemps, ou de mettre en place des rachats programmés. En pratique, nous observons que beaucoup d’épargnants privilégient aujourd’hui la sortie en capital (totale ou fractionnée), quitte à ne convertir qu’une partie de leur PER en rente viagère pour se garantir un complément de revenu à vie.
Tables de mortalité et calcul du taux de conversion en rente viagère
Si vous optez pour une sortie en rente viagère sur votre PER Boursorama, le montant de la rente sera calculé à partir du capital constitué, de votre âge au moment de la liquidation et des tables de mortalité utilisées par l’assureur. Plus l’espérance de vie estimée est longue, plus la rente annuelle est faible, puisque le capital doit être « étalé » sur un plus grand nombre d’années théoriques. Boursorama, via Oradéa Vie, garantit la table de mortalité à la date de liquidation du contrat, et non à la date de souscription, ce qui peut légèrement réduire la rente si l’espérance de vie moyenne continue d’augmenter.
Le taux technique éventuellement utilisé (c’est-à-dire le rendement financier anticipé pendant la phase de service de la rente) influence également le montant initial de la rente. Un taux technique faible, voire nul, aboutit à une rente plus prudente mais ceinturée de moins de risques pour l’assureur. À l’inverse, un taux technique plus élevé permet une rente de départ plus généreuse, mais plus sensible à l’évolution des marchés et des taux d’intérêt. Dans le contexte actuel de prudence réglementaire, les assureurs ont tendance à limiter ce taux technique, ce qui explique pourquoi il faut souvent dépasser 100 000€ de capital pour obtenir une rente mensuelle d’environ 300€.
Avant de choisir une sortie en rente sur votre PER Boursorama, il est donc indispensable de réaliser des simulations chiffrées, en comparant le montant de rente espéré à ce que vous pourriez obtenir avec une sortie en capital et une gestion personnelle (par exemple via une assurance-vie ou un portefeuille d’ETF). Dans de nombreux scénarios, la rente ne devient réellement attractive que si vous bénéficiez d’une très longue espérance de vie.
Options de réversion au conjoint et annuités garanties : impact sur le montant de la rente
Le PER Boursorama propose plusieurs options de rente viagère, qui permettent de protéger un conjoint ou de sécuriser un minimum de versements dans le temps. Vous pouvez par exemple opter pour une rente avec réversion au conjoint à 60% ou 100%, une rente avec annuités garanties (par exemple 10 ou 20 ans), une rente « sérénité » avec montant majoré les premières années, ou encore une rente avec garantie dépendance. Toutes ces options ont un coût : plus la protection est élevée, plus le montant de la rente initiale est réduit.
Par exemple, une rente réversible à 100% au profit de votre conjoint est très sécurisante pour lui, puisqu’il continuera à percevoir la même rente après votre décès. Mais pour l’assureur, cela signifie potentiellement deux vies à servir au lieu d’une, ce qui implique une réduction sensible du montant de la rente individuelle. De même, une rente avec annuités garanties assure qu’un nombre minimal de rentes sera versé, même en cas de décès précoce, ce qui réduit également la rente mensuelle.
Ces arbitrages rappellent un peu ceux d’une assurance : plus vous achetez de garanties (réversion, annuités, dépendance), plus la prime implicite augmente, et plus le « revenu assuré » diminue. Il convient donc d’analyser vos besoins de protection familiale, vos autres sources de revenus (pensions, immobilier locatif, assurance-vie) et votre horizon de vie probable avant de cocher ces options sur le PER Boursorama. Dans bien des cas, un équilibre entre une garantie de base pour le conjoint et une épargne de précaution distincte peut s’avérer plus efficace.
Stratégie de sortie progressive en capital : fractionnement et optimisation fiscale
Pour beaucoup d’épargnants, la stratégie la plus flexible consiste à privilégier une sortie progressive en capital sur le PER Boursorama. Plutôt que de racheter la totalité du contrat en une seule fois – ce qui risquerait de vous faire changer de tranche marginale d’imposition – vous pouvez programmer des rachats partiels étalés sur plusieurs années. Cette approche permet de lisser la fiscalité et de rester dans une tranche d’imposition donnée, tout en conservant le reste du capital investi sur le PER (ou après transfert sur un autre support).
Imaginons, par exemple, un célibataire avec 75 000€ de revenu imposable annuel (TMI 41%) et 90 000€ sur son PER Boursorama issus de versements déduits. Un rachat total en une seule fois ferait grimper son revenu imposable à 165 000€, le faisant passer temporairement dans la tranche à 45%. En répartissant la sortie sur trois exercices fiscaux à raison de 30 000€ par an, il reste dans la tranche à 41% et réduit fortement la facture globale. Ce type d’optimisation suppose de planifier sa retraite sur plusieurs années, plutôt que comme un « événement ponctuel ».
Autre stratégie possible : combiner une sortie partielle en capital pour rembourser un crédit immobilier ou financer un projet, puis conserver un reliquat sur le PER pour le transformer ultérieurement en rente si le besoin se fait sentir (par exemple pour se prémunir contre le risque de longévité extrême). Le PER Boursorama offre cette souplesse, à condition d’anticiper et de bien articuler les différents leviers fiscaux et patrimoniaux à votre disposition.
Positionnement concurrentiel : PER boursorama face aux offres linxea spirit, Mes-Placements liberté et yomoni retraite
Comment le PER Boursorama MATLA se positionne-t-il par rapport aux ténors du marché comme Linxea Spirit PER, Mes-Placements Liberté ou Yomoni Retraite ? Sur le plan des frais, il fait clairement partie des meilleurs élèves, avec moins de 1% de frais de gestion tout compris en gestion pilotée, zéro frais de versement et aucun frais de sortie. En termes d’accessibilité, son ticket d’entrée de 150€ (50€ en versements programmés) en fait un produit particulièrement adapté aux jeunes actifs et aux épargnants qui souhaitent démarrer petit.
Face à Linxea Spirit PER et Mes-Placements Liberté, le principal point faible de Boursorama réside dans la richesse de la gamme d’unités de compte. Là où ces courtiers proposent plusieurs centaines de supports (dont des dizaines de SCPI, une large sélection d’ETF multi-émetteurs et des fonds thématiques pointus), le PER MATLA se limite à une soixantaine d’UC, avec seulement quelques fonds immobiliers et une domination des ETF iShares. De plus, la contrainte d’avoir au moins 60% d’unités de compte en gestion libre limite la possibilité de sécuriser massivement en fonds euros, ce que certains épargnants apprécient à l’approche de la retraite.
Comparé à Yomoni Retraite, le PER Boursorama adopte une philosophie de gestion assez proche en piloté : gestion indicielle, faible niveau de frais, exposition mondiale via des ETF. Yomoni se distingue néanmoins par une expérience plus longue dans la gestion pilotée en ETF et une interface dédiée à l’épargne long terme, mais son PER n’intègre pas de fonds euros. À l’inverse, le PER MATLA vous offre un fonds euros performant pour sécuriser progressivement votre capital, au prix d’une gamme de supports un peu moins large et d’un service client Boursorama parfois jugé moins disponible que celui de courtiers spécialisés.
Au final, le PER Boursorama MATLA s’adresse en priorité aux clients Boursorama qui veulent un PER simple, peu coûteux et efficace en gestion pilotée, sans forcément chercher la sophistication maximale en gestion libre. Si vous êtes déjà client de la banque en ligne, que vous privilégiez la simplicité et que vous êtes à l’aise avec une offre d’ETF ISR relativement concentrée, ce PER peut parfaitement remplir son rôle de « matelas » retraite. En revanche, si vous recherchez la plus grande liberté d’allocation possible, une gamme très large de SCPI et d’OPCI, ou la possibilité de combiner finement gestion pilotée et gestion libre, des contrats comme Linxea Spirit ou Mes-Placements Liberté resteront plus adaptés sur le très long terme.